Marc Augé

  • Marc Augé, à qui l'on doit l'introduction des notions de non-lieux et de surmodernité, se confronte avec l'acuité qui lui est propre à des questions centrales relatives à l'humanité même de l'homme : le bonheur, la dignité, la confiance, l'augmentation préoccupante des inégalités. Ce volume, qui trouve dans le sens profond du partage de l'humanité générique habitant chacun d'entre nous son fil rouge, se présente comme une sorte de vadémécum pour le temps présent.

  • "Quel âge avez-vous ?" Cette question, depuis quelque temps, me plonge dans l'embarras. D'abord pour ceux ou celles qui me la posent, parce qu'elle me semble témoigner d'une forme d'indélicatesse dont je ne soupçonnais pas l'existence. Ensuite parce que je dois réfléchir avant de répondre.La question de l'âge est une expérience humaine essentielle, le lieu de rencontre, entre soi et les autres, commun à toutes les cultures, un lieu complexe et contradictoire dans lequel chacun d'entre nous pourrait, s'il en avait la patience et le courage, prendre la mesure des demi-mensonges et des demi-vérités dont sa vie est encombrée. Chacun est amené un jour ou l'autre à s'interroger sur son âge, d'un point de vue ou d'un autre, et à devenir ainsi l'ethnologue de sa propre vie.Vis-à-vis de notre passé, nous sommes tous des créateurs, des artistes, nous avançons à reculons pour ne cesser d'observer et de recomposer le temps passé.Marc Augé

  • Ce livre, qui se présente comme un petit traité de l'emploi du temps, met l'accent sur la nécessité de l'oubli. L'oubli est nécessaire à la société comme à l'individu. Il faut savoir oublier pour goûter la saveur du présent, de l'instant et de l'attente, amis la mémoire elle-même a besoin de l'oubli. Mêlant les références ethnologiques et littéraires, Marc Augé identifie trois formes de l'oubli qui sont autant de manières de vivre.

  • Six essais, six sujets qui interrogent la surmodernité, et une question : comment se libérer du mythe ? Du rituel et de la passion sportive à la « nature » du paysage, en passant par l'espace public et les non-lieux de nos villes, l'adage selon lequel les amoureux sont seuls au monde, ou des considérations sur l'écriture, Marc Augé explore notre rapport au rite, à la nature, à l'amour et au temps.

  •  Quoi de plus familier que le métro ? Comment le regard ethnologique, accoutumé à nous rapporter les pratiques lointaines pourrait-il éclairer ce qui s'y joue ? Tel a pourtant été le pari de Marc Augé dans cet ouvrage qui révèle tout ce que le métro recèle de conventions, de rites et d'institutions.  Mais c'est aussi l'occasion d'une présentation buissonnière des principaux thèmes classiques de l'anthropologie, depuis le « fait social total » de Marcel Mauss, jusqu'à la question du symbolique, en passant par le problème de l'« individu moyen ». Le livre inaugural d'une « ethnologie du proche », devenu un classique.  Remise en vente avec nouvelle couverture. Ce livre a été publié dans la collection « bibliothèque du XXe siècle » chez Hachette Littératures en 1986 et en Pluriel en 2002.

  • Après La Traversée du Luxembourg, Un ethnologue dans le métro et Domaines et châteaux, Marc Augé poursuit son anthropologie du quotidien en explorant les non-lieux, ces espaces d'anonymat qui accueillent chaque jour des individus plus nombreux. Les non-lieux, ce sont aussi bien les installations nécessaires à la circulation accélérée des personnes et des biens (voies rapides, échangeurs, gare, aéroports) que les moyens de transport eux-mêmes (voitures trains, trains ou avions). Mais également les grandes chaînes hôtelières aux chambres interchangeables, les supermarchés ou encore, différemment, les camps de transit prolongé où sont parqués les réfugiés de la planète. Le non-lieu est donc tout le contraire d'une demeure, d'une résidence, d'un lieu au sens commun du terme. Seul, mais semblable aux autres, l'utilisateur du non-lieu entretient avec celui-ci une relation contractuelle symbolisée par le billet de train ou d'avion, la carte présentée au péage ou même au chariot poussé dans les travées d'une grande surface. Dans ces non-lieux, on ne conquiert son anonymat qu'en fournissant la preuve de son identité - passeport, carte de crédit, chèque ou tout autre permis qui en autorise l'accès.Attentif à l'usage des mots, relisant les lieux décrits par Châteaubriand, Baudelaire ou les « passages » parisiens de Walter Benjamin, l'ethnologue remarque que l'on peut se croiser à un carrefour alors que l'échangeur interdit toute rencontre. Si le voyageur flâne en chemin ou s'égare sur une route de traverse, le passager qui prend le TGV ou l'avion est déterminé par sa destination. Aujourd'hui, les repères de l'identité et le statut de l'histoire changent en même temps que l'organisation de l'espace terrestre. Dans ce livre, Marc Augé ouvre de nouvelles perspectives en proposant une anthropologie de la surmodernité qui nous introduit à ce que pourrait être une ethnologie de la solitude.

  • Ressuscité !

    Marc Augé

    2028 : on apprend qu'un homme décédé en 1978 à la suite d'un cancer vient d'être ressuscité par une équipe française qui, soutenue en secret par la présidence de la République, a pris une avance considérable dans le domaine de la cryogénisation, technique qui permet le refroidissement du cadavre jusqu'à - 196 °C, puis sa « réanimation ». Le héros de cette histoire, brillant universitaire né en 1940, est confronté au fait d'avoir à reprendre sa vie après une interruption d'un demi-siècle qui perturbe ou anéantit ses relations de parenté et d'amitié... Ressuscité ! est une farce politico-scientifique, dans le style de La Sacrée semaine, qui aborde frontalement les questions de la vie, de la mort et de l'avenir de l'humanité. Marc Augé est l'un des plus grands anthropologues français. Ancien élève de l'École normale supérieure, il a présidé l'École des hautes études en sciences sociales, où il a succédé à Fernand Braudel, Jacques Le Goff et François Furet. Fondateur du Centre d'anthropologie des mondes contemporains de l'EHESS, il est l'auteur d'une quarantaine de livres qui font autorité, dont Génie du paganisme, Non-lieux ou encore Une ethnologie de soi. Il a, plus récemment, publié La sacrée semaine qui changea la face du monde, qui a connu un grand succès. 

  • Il y a dans une vie des bonheurs soudains qui surgissent alors que le contexte ne semblait pas s'y prêter, mais qui existent malgré tout et qui tiennent bon, contre vents et marées, au point d'imprégner durablement la mémoire. Ces bonheurs sont des révélateurs : c'est lorsqu'ils disparaissent que leur nécessité s'impose à nous. Cloués sur un lit d'hôpital, nous mesurons le prix de la moindre promenade en ville. Ce sont des bonheurs modestes mais intenses : bonheurs de la rencontre - d'un visage, d'un paysage, d'un livre, d'un film ou d'un refrain, d'une altérité reçue et réinventée. Ils nous disent quelque chose du lien social et de la solitude, du passé et de l'avenir, de la relation aux autres, du corps et des sens, du rapport à l'espace et au temps, autrement dit de la constitution symbolique de l'être humain.Dans ce livre, Marc Augé, l'un des plus grands anthropologues contemporains, analyse la nécessité pour l'homme de ces « bonheurs malgré tout ». Son récit, nourri d'exemples personnels, esquisse au fil des pages un autoportrait anachronique, un journal de bord sans ordre qui instaure un dialogue avec le lecteur et le prend à témoin comme au fil  d' une conversation.

  • Qui donc est l'autre ?

    Marc Augé

    Anthropologue de grand renom, Marc Augé a toujours été préoccupé par la question de l'autre : l'autre individu, l'autre société, l'autre culturel, l'autre géographique. Dans ce livre, il entraîne son lecteur des stades des grandes villes aux lagunes de la Côte d'Ivoire ; il s'interroge sur le sens du cannibalisme, les rêves des Indiens du Venezuela ou la fonction des héros des séries américaines. Après plus d'un demi-siècle d'observations, il revient ici sur les relations entre le même et l'autre, telles qu'elles existent au sein de populations africaines ou amérindiennes, et telles qu'elles se dessinent de nos jours, dans le contexte de la mondialisation. L'art, la ville et son expansion galopante, mais aussi les nouvelles mobilités et l'essor des prosélytismes religieux, acquièrent, sous le regard de l'anthropologue, un sens inédit. Il faut savoir pratiquer l'« art du décalage » et se tenir au « carrefour des incertitudes » si l'on veut échapper à l'uniformité, à la fatalité qui voudrait que l'on soit tous les mêmes. Marc Augé est l'un des plus grands anthropologues français. Il a présidé l'EHESS, où il a succédé à Fernand Braudel, Jacques Le Goff et François Furet. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages qui font autorité. Il a notamment publié Génie du paganisme, Non-lieux ou bien encore Une ethnologie de soi, et plus récemment La Sacrée Semaine qui changea la face du monde, qui fut un grand succès. 

  • Depuis quelques siècles, le temps était porteur d'espérance. On attendait ainsi de l'avenir apaisement, évolution, maturation, progrès, croissance - ou révolution. Ce n'est plus le cas. L'avenir a pratiquement disparu. Un présent immobile s'est abattu sur le monde, défaisant l'horizon de l'histoire comme les repères des générations. D'où provient cette éclipse ? Pourquoi l'avenir s'est-il évanoui, dans les consciences individuelles comme dans les représentations collectives ? Existe-t-il des remèdes, des issues de secours ? Pour répondre, Marc Augé scrute, avec précision et clarté, les dimensions multiples de la mondialisation, notamment ses aspects politiques, scientifiques, symboliques. Il indique les cause de notre crise de la temporalité, et propose une solution d'espoir. Marc Augé, ethnologue et écrivain, a été président de l'École des hautes études en sciences sociales entre 1985 et 1995. Il a publié dans « La Librairie du XXIe siècle », au Seuil, Domaines et châteaux (1989), N on-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité (1992), La Guerre des rêves. Exercices d'ethno-fiction (1995), Casablanca (2007), Le Métro revisité (2008), Quelqu'un cherche à vous retrouver (2009) et Journal d'un SDF. Ethnofiction (2010).

  • Nous vivons un changement sans précédent : les technologies bouleversent notre rapport à l'espace, au temps, à la vie. à l'époque de l'ubiquité et de l'instantanéité, l'homme risque d'être victime des puissants instruments qu'il a mis au point et qui menacent de subvertir la relation de chaque individu avec les autres. Devant ces bouleversements, le réel épuise l'imagination et l'humanité renonce aux utopies d'hier. Nous, humains, prenons conscience d'appartenir à la même planète, au moment où anciens colonisateurs et colonisés sont appelés à affronter ensemble de nouveaux défis écologiques, démographiques, économiques et politiques. Dans ce livre éclairant, Marc Augé résume sa conception d'une anthropologie engagée dans le monde contemporain. Contre certaines idées reçues, il montre que les mouvements de population, les violences et les crises politiques auxquels nous assistons avec effroi et fascination n'annoncent pas le retour au Moyen âge, mais au contraire sa fin définitive : ces soubresauts accompagnent la naissance d'une nouvelle société planétaire.

  • Un nouveau régime de fiction s'instaure. Il affecte la vie sociale au point de nous faire douter de la réalité. Les reportages télévisés prennent des allures de fictions et celles-ci miment le réel. Des idylles se nouent sur Internet où l'on dialogue avec des interlocuteurs sans visage. Insensiblement, nous passons au « tout fictionnel ». Aux médiations, qui permettent le développement de l'identité, la prise de conscience de l'altérité et des liens sociaux, se substituent les médias de la solitude. La vision des désastres planétaires est désormais soumise au caprice de la télécommande.Ces nouveaux partages entre le réel et la fiction conditionnent aussi la circulation entre l'imaginaire individuel (le rêve), l'imaginaire collectif (les mythes, les rites, les symboles) et l'oeuvre de fiction. Dans ce livre, Marc Augé rappelle la menace que fait peser, sur toute vie sociale, la confusion de ces trois pôles distincts de l'imaginaire. Chaque culture institue des frontières spécifiques entre le rêve, la réalité et la fiction.Toute société suppose de ne pas identifier le modèle et la réalité.Dans son ethno-fiction, parcourant l'Europe et les Etats-Unis, l'Afrique et l'Amérique latine, l'ethnologue nous conduit aux sources de toute anthropologie sociale. Celle-ci a pour objet, à travers l'étude des institutions et des représentations, la compréhension des relations entre les uns et les autres.Pour Marc Augé, La Guerre des rêves a commencé. Nous n'en voyons pas toujours clairement les tenants et les aboutissants. Sans être fatale l'explosion « fictionnelle » est désormais possible. La catastrophe serait de comprendre trop tard que, si le réel est devenu fiction, il n'y a plus d'espace possible pour la fiction, ni pour l'imaginaire. Pour conclure, l'auteur nous invite à une « morale de la résistance ».

  • Je n'ai jamais cessé de prendre le métro, jamais cessé d'être un Parisien. Je peste parfois contre les embarras de la capitale et rêve d'une ville sans embouteillages, sans heures de pointe, mais, d'un autre côté, je suis toujours un peu dérouté par la paix des champs, la douceur angevine ou la solitude des plages désertes en hiver lorsque, d'aventure, il m'arrive d'en faire l'expérience. Pus de vingt ans après Un ethnologue dans le métro, publié en 1986 dans « Textes du XXe siècle », l'ancêtre de la présente collection chez Hachette, ce n'est pas d'un retour à proprement parler qu'il peut s'agir ici, mais plutôt d'un arrêt, d'une pause, d'un coup d'oeil rétrospectif pour essayer de faire le point. Car l'étonnant, avec le changement, ce n'est pas qu'il ait eu lieu, c'est que nous ne nous en soyons pas rendu compte : il s'est imposé si « naturellement » que nous avons besoin aujourd'hui des traces du passé, évidences d'hier devenues plus ou moins obsolètes, pour en admettre la réalité et en prendre la mesure.En vingt ans, le métro s'est transformé au rythme de Paris et du monde. Qui sont au juste mes contemporains ou plutôt de qui puis-je me dire contemporain ? Pour répondre à cette question, j'invite mes lecteurs à me rejoindre dans le métro, à se perdre dans la foule anonyme de tous ceux que j'y côtoie quotidiennement. Peut-être nous y frôlerons nous sans le savoir. M. A .

  • Les frontières de la vie et de la mort, du rêve et de la réalité, de la mémoire et de l'oubli sont poreuses dans l'univers étrange et envoûtant des Rêves du jour et de la nuit. Car Marc Augé flirte avec les limites, joue avec nos angoisses, nos fantasmes, nos peurs. Un homme en train de mourir et qui sort un instant de son coma et parle au téléphone pour un dernier adieu; un amnésique qui ne cesse de fuir pour remonter le temps et retrouver la femme aimée depuis longtemps disparue; un autre qui découvre dans la rubrique nécrologique du Monde sa mort et la date de son enterrement.Marc Augé bouscule le réel, juste ce qu'il faut pour faire cohabiter fantastique et vraisemblance. Et son écriture limpide, précise, troublante, ajoute à l'élégance et au mystère de ces explorations du coeur de l'homme.

  • « La perte du lieu, c'est comme la perte d'un autre, du dernier autre, du fantôme qui vous accueille chez vous lorsque vous rentrez seul. »Il suffit d'avoir déménagé une ou deux fois dans sa vie pour pouvoir imaginer sans trop de mal les effets destructeurs qu'entraîne la perte des repères spatiaux-temporels. Ce n'est plus seulement la psychologie qui est en cause dans la situation des sans-logis, mais directement le sens de la relation, de l'identité et de l'être. Candide ou le Persan de Montesquieu étaient des personnages d'ethnofiction, mais ils regardaient le monde pour s'en étonner. C'est en se regardant lui-même, aujourd'hui, que le personnage d'ethnofiction découvre la folie du monde. Marc Augé, ethnologue et écrivain, a été président de l'École des hautes études en sciences sociales entre 1985 et 1995. Il a publié au Seuil, dans « La Librairie du XXIe siècle », Domaines et châteaux (1989), Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité (1992), La Guerre des rêves. Exercices d'ethno-fiction (1995), Casablanca (2007) Le Métro revisité (2008) et Quelqu'un cherche à vous retrouver (2009).

  • Le 1er avril 2018, le jour de Pâques, le pape prononce trois mots qui sidèrent instantanément chrétiens, juifs, musulmans, agnostiques, athées, et déclenchent un tsunami mondial. C'est le début d'une folle semaine qui va embraser la planète et bouleverser l'avenir de l'humanité. Mais qu'est-ce qui a bien pu pousser le souverain pontife à une intervention aussi intempestive ? Au fil des pages de ce conte contemporain, cocasse et insolent, qui maintient jusqu'au dénouement le lecteur en haleine, on entend résonner, sous le délire joyeux d'une invention littéraire, les accents d'une foi, héritée des Lumières, dans la raison et la fraternité humaine. Marc Augé est l'un des plus grands anthropologues français. Ancien élève de l'École normale supérieure, il a présidé l'École des hautes études en sciences sociales, où il a succédé à Fernand Braudel, Jacques Le Goff et François Furet. Il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages qui ont fait date et qui font autorité. Parmi ses ouvrages principaux, on peut citer Génie du paganisme, Non-lieux ou encore Une ethnologie de soi. 

  • Tout film qui nous a plu un jour prend place dans notre mémoire au côté d'autres souvenirs. Il est un souvenir parmi d'autres, soumis comme eux à la menace de l'oubli. Il arrive ainsi que des images de films nous traînent dans la tête comme si elles faisaient partie de notre vie même... Il nous faut «monter» nos souvenirs, ces rushes de la mémoire, pour recomposer une continuité, pour en faire un récit.[...]Il y a deux ou trois ans, les heures d'insomnie m'étaient devenues l'occasion d'un type d'investigation un peu particulier. Je me lançais à la reconquête de mes plus vieux souvenirs, ceux d'avant 1940. Je collectais la nuit des lambeaux d'images et, le jour venu, courais chez ma mère pour la faire parler.[...]Je ne sais pas exactement quand j'ai vu Casablanca pour la première fois...M. A.Marc Augé, ethnologue et écrivain, a été président de l'École des hautes études en sciences sociales entre 1985 et 1995. Il a publié au Seuil, dans « La Librairie du XXIe siècle », Domaines et châteaux (1989), Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité (1992) et La Guerre des rêves. Exercices d'ethno-fiction (1995).

  • Marc Augé poursuit ici l'exploration d'un univers païen, auquel il s'est intéressé à plusieurs reprises et dont l'Afrique lui paraît offrir quelques illustrations remarquables. "Comment peut-on adorer le bois et la pierre ?" se demandaient les missionnaires chrétiens et quelques ethnologues. Tout l'objet de ce livre vise à proposer une réponse à cette question un peu angoissée. L'auteur montre que l'univers animiste est une fascinante pensée de la relation. A l'interrogation ci-dessus, les prêtres des dieux du Bénin répondent qu'entre la matière et la vie, entre hommes et dieux, ou morts et vivants, il n'y a pas plus solution de continuité qu'entre le même et l'autre. Legba, par exemple, dieu personnel par excellence, est plus que tous les autres imprégné d'humanité. C'est dans le rapport aux autres, qui passe par les dieux, que s'éprouve la singularité de chaque destin et le rapport de soi à soi. Telle est la problématique de ce livre. Mais c'est de la manière la plus concrète que Marc Augé nous révèle que la religion africaine est également une philosophie aux profondes questions et aux subtiles réponses, que nous ne devrions pas trouver absolument étrangères à nos propres capacités symboliques.

  • Marc Augé poursuit ici l'exploration d'un univers païen, auquel il s'est intéressé à plusieurs reprises et dont l'Afrique lui paraît offrir quelques illustrations remarquables. "Comment peut-on adorer le bois et la pierre ?" se demandaient les missionnaires chrétiens et quelques ethnologues. Tout l'objet de ce livre vise à proposer une réponse à cette question un peu angoissée. L'auteur montre que l'univers animiste est une fascinante pensée de la relation. A l'interrogation ci-dessus, les prêtres des dieux du Bénin répondent qu'entre la matière et la vie, entre hommes et dieux, ou morts et vivants, il n'y a pas plus solution de continuité qu'entre le même et l'autre. Legba, par exemple, dieu personnel par excellence, est plus que tous les autres imprégné d'humanité. C'est dans le rapport aux autres, qui passe par les dieux, que s'éprouve la singularité de chaque destin et le rapport de soi à soi. Telle est la problématique de ce livre. Mais c'est de la manière la plus concrète que Marc Augé nous révèle que la religion africaine est également une philosophie aux profondes questions et aux subtiles réponses, que nous ne devrions pas trouver absolument étrangères à nos propres capacités symboliques.

  • Issue d'une thèse d'État et publiée il y a près d'un demi-siècle, cette oeuvre majeure de Marc Augé a fortement marqué l'anthropologie française. Mettant en regard les systèmes symboliques (institutions sociales, représentations du monde et de la personne, croyances et rites) de trois ethnies du Sud de la Côte d'Ivoire, Marc Augé y propose le concept « d'idéo-logique » : sorte de grammaire irréductible à toute causalité matérielle, au travers de laquelle se formulent, pour chacune d'entre elles, le possible et le pensable. Et, de manière encore plus novatrice, il montre comment les croyances en la sorcellerie se déploient au sein de cette « idéo-logique » en véritable théorie du pouvoir, c'est-à-dire en « possibilité effective d'action sur les hommes et sur les choses ». Il illustre notamment cette théorie du pouvoir par l'étude d'une communauté thérapeutique située à Bregbo, au bord de la lagune ébrié, et dirigée par le prophète Albert Atcho. Se réclamant du harrisme, ce dernier avait dès 1962 attiré la curiosité de Jean Rouch qui lui consacra le film Monsieur Albert, prophète.

  • Au-delà du constat d'un « déni » de la mort qui est loin d'être l'apanage de notre époque, ce livre apporte un éclairage neuf à la place de la mort dans notre société. Les pistes qu'il dessine font apparaître avec force l'importance de recréer de nouvelles solidarités pour permettre aux vivants de reprendre « leurs marques » avec la mort. Marie-Thérèse Gatt livre sa vision d'une mort partagée en tant que responsable d'une unité de soins palliatifs. Patrick Baudry rappelle que la mort est d'abord fondatrice de culture, du rapport à l'autre. Bernard Paillard montre comment le sida, tout en secouant nos illusions, appelle à une réaffirmation du lien social. « Le Penser-Vivre », une collection pour comprendre les phénomènes qui affectent nos existences de personnes et de citoyens. En incitant les spécialistes à s'engager dans le débat, « Le Penser-Vivre » veut raviver en chaque lecteur l'excitation de penser et de discuter.

  • La mere d'arthur

    Marc Augé

    • Fayard
    • 5 Janvier 2005

    " L´indice de consommation des ménages baisse, le CAC 40 s´effondre, le dollar flanche et moi-même je ne me sens pas très bien. " Jean, célibataire désabusé, apprend que Nicolas, son ami d´enfance, universitaire comme lui, a disparu. A la demande de sa femme, Isabelle, et de sa mère, il prend sa piste, convaincu que son complice de toujours lui a sciemment laissé des indices. Mais il est loin d´imaginer ce qu´il va découvrir.

    Un roman de mystère mené tambour battant où sont croqués, avec une tendre ironie, les bourgeois de province, les universitaires parisiens et les travers d´une époque en mal d´aventure.

  • L'anthropologie traite du sens que les hommes en collectivité donnent à leur existence. Or, ici et là-bas, les choses ont bien changé depuis l'âge d'or des enquêtes de terrain : ici, dans nos sociétés libérales soumises à la massification accélérée, l'autre le plus proche en apparence se révèle parfois plus éloigné par ses croyances ou ses habitudes que le plus lointain des traditionnels interlocuteurs de l'ethnologue africaniste; dans les sociétés lignagères, là-bas, la mondialisation des échanges économiques, politiques, symboliques, bref la fin de l'exotisme, a bouleversé les procédures par lesquelles les hommes entreprennent de maîtriser intellectuellement et pratiquement le monde. Finalement, d'un bout à l'autre de la planète, le brouillage des signes s'accompagne de la dissolution des liens sociaux. Et c'est un certain rapport solitaire au monde qui caractérise la modernité contemporaine.

    A situation nouvelle, nouvel objet scientifique, nouveau questionnement et nouveaux concepts. Les voici présentés en un exposé critique à travers l'itinéraire d'un homme de science qui, de la Côte-d'Ivoire au jardin du Luxembourg, consacre sa vie de chercheur à décrypter les initiatives individuelles et les symboliques collectives qui constituent le sens des autres. Rien n'est plus urgent, chacun le pressent à l'heure de l'exacerbation des nationalismes et des replis identitaires: car faute de penser l'autre, on construit l'étranger.

    Marc Augé est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, dont il est l'actuel président. Il a publié notamment, parmi ses derniers ouvrages: La Traversée du Luxembourg (1985), Un ethnologue dans le métro (1986), Le Dieu objet (1988), Domaines et châteaux (1989), Non-lieux (1992).

  • À la sortie du cinéma où il vient de revoir son film culte, Casablanca, un professeur, depuis peu à la retraite, se fait aborder par une jeune femme. Il ne sait pas que Claire le suit depuis plusieurs jours : quelqu'un cherche à le retrouver et c'est elle qui mène l'enquête. Claire veut le rencontrer. Tout savoir des entrelacs de sa vie. D'abord réticent, Julien se prête peu à peu au jeu' Le secret de cette femme au chignon trop sage l'intrigue.
    Commence alors une étrange balade dans Paris. Au fil des souvenirs qui s'égrènent (la Libération, la guerre d'Algérie, un mariage raté, la rentrée des classes à Henri IV, une folle nuit dans la grisaille berlinoise), une singulière complicité se noue entre le vieux professeur et la jeune femme au sourire inquiet : sans trop savoir pourquoi, Julien se confie. Mais il se rend vite compte qu'il ne devine rien de Claire. Est-elle cette ingénue qu'elle joue si bien ? Que cherche-t-elle au juste à apprendre de lui ? Que cache l'intensité de son désir dans cette enquête ? Au service de qui travaille-t-elle ? Pourquoi lui pose-t-elle tant de questions sur une année précise : 1968 ?
    Un roman en forme de quête des origines. Une histoire où la légèreté d'une robe d'été évoque l'obscure puissance de la naissance des sentiments.

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