Paul Greveillac

  • Maîtres et esclaves

    Paul Greveillac

    'Ici, on ne peignait pas. On décidait de ce qu'il fallait peindre. Ici, on gouvernait l'art.'

    Kewei, né en 1950 dans un village au pied de l'Himalaya, dessine du matin au soir. Repéré par un garde rouge, il échappe au travail agricole et part étudier aux Beaux-Arts de Pékin. Il sera peintre du régime. Kewei accomplit ainsi le rêve de ses parents en devenant un artiste reconnu. Sous le joug de la Révolution culturelle, son ascension semble sans limite. Mais l'Histoire va bientôt le rattraper.

  • Art nouveau

    Paul Greveillac

    1896. Lajos Ligeti, apprenti architecte, quitte Vienne pour Budapest. Porté par le rêve de bâtir, il découvre une capitale vieillotte et endormie où tout est à faire.
    Pour construire la ville, il faut séduire patrons et donneurs d'ordre. Manoeuvrer contre des concurrents redoutables dont Budapest est la chasse gardée.
    Inspiré par sa muse Katarzyna, épaulé par le rusé maître d'oeuvre Barnabás Kocsis, Lajos Ligeti s'obstine. Parviendra-t-il à imposer son style visionnaire, à donner corps, par ses créations de béton, à un art nouveau?
    Étranger, juif, verra-t-il venir les précipices?

  • Musicien inclassable, le compositeur soviétique Alfred Schnittke (1934-1998) donna peut-être parmi ses plus belles portées au XXe siècle.
    De la musique de film à la musique religieuse, toute son oeuvre, éminemment personnelle, est une ode à la liberté de créer.
    Pour cette raison, Alfred Schnittke eut de nombreux détracteurs au sein du système de la culture soviétique. Il fit des envieux, qui devinrent parfois des ennemis. Il eut surtout de grands amis - Mstislav Rostropovitch, Gidon Kremer ou Larissa Chepitko pour ne citer qu'eux.
    Et c'est grâce à ces derniers que sa musique vit encore. Intensément. Furieusement. Réflexion sur les conditions de la création en régime totalitaire, sur les enjeux et les motivations complexes de toute démarche artistique, Cadence secrète restitue avec précision, autour de la figure d'Alfred Schnittke, l'ambiance soviétique, ses coups fourrés comme ses fastes, et la guerre complexe menée par le Parti contre les aspirations individuelles jusqu'aux plus intimes.
    Cadence secrète transmet l'envie de découvrir l'oeuvre mal connue d'Alfred Schnittke. D'y retrouver les forces qui la travaillent en profondeur.

  • Moscou. U.R.S.S. La culture est enrégimentée afin de servir l'État.

    Vladimir Katouchkov et Pavel Golchenko, la vingtaine, se rencontrent un soir par hasard. Le premier est censeur au sein du GlavLit, qui statue sur tout ce qui paraît dans le pays. Le second est projectionniste au Goskino, le cinéma des officiels du Parti. Deux institutions où sont quotidiennement interdites, coupées, asservies les oeuvres d'une nouvelle génération d'écrivains et de cinéastes qui tente de s'épanouir depuis la mort de Staline.

    Vladimir Katouchkov, écoeuré par le système, décide d'en dénoncer l'hypocrisie. À ses risques et périls. Et bientôt au détriment de ceux qui l'entourent.

    Les âmes rouges est un roman hommage aux plus indépendants des artistes soviétiques et aux chefs-d'oeuvre de ce que l'on a appelé "la dissidence". C'est aussi une ode à l'amitié : celle qui lie, à travers les épreuves et les ans, le Russe Vladimir Katouchkov et l'Ukrainien Pavel Golchenko.

    Prix Roger Nimier 2016

  • « J'étais allergique au rire, c'était officiel, le diagnostic était sans appel et la maladie, incurable. En soins palliatifs donc, pour le restant de mes jours. Interdiction formelle de rire. L'envie m'en serait de toute façon passée, puisqu'après la naissance du rire une crise de démangeaisons sévissait vite, et que si le rire venait à se prolonger ma gorge, pneumatique implacable, gonflait jusqu'à l'étouffement. »

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